En ces moments difficiles, j’ai pensé à ma maman qui est hospitalisée, j’ai pensé à ce qu’elle a vécu, à ce qu’elle n’a pas vécu, à ce qu’elle a sacrifié et surtout à ce qu’elle m’a donné. En pensant à tout cela, à la présence maternelle dans mon esprit, j’ai plongé dans les plus profonds de mes souvenirs, pour essayer de dessiner cette toile, la toile d’une maman toujours soucieuse et inquiète, affectueuse et généreuse. En visionnant tous ces souvenirs, j’ai crayonné une image, une image d’une femme qui était là, subissant la loi du milieu et qui se confiait à ses crochets quand elle tricotait, à ses bouquins quand elle lisait…Ses soupirs et ses pensées révélées à des objets, incapables de lui donner une explication mais capables d’ensevelir ses suppliques, m’ont fait comprendre une chose assez importante dans ma vie, c’est qu’il est déjà pas évident d’être une femme dans n’importe quelle société; ouverte, moderne avancée, aboutie ou non, et ça l’est encore moins dans une société conservatrice telle que la mienne! Cette dame, ma mère, illustrait bien cette situation, non pas parce qu’elle était maltraitée mais parce qu’elle appartenait au genre féminin, un genre singulier dans cette société , une singularité qui s’extrait de la pluralité du genre pour subir la dimension individuelle sociétaire.
J’écris ces mots et je sais qu’ils ne m’appartiennent pas à moi tout seul mais à beaucoup de gens !! Quand on appartient à cette société à forte tradition, on a une image construite et assez spéciale de la mère et de la femme, à ce titre je vous demande d’essayer d’avoir une image limpide, arrêtée et radieuse de l’être qui vous a donné la vie ou simplement de la femme que vous aimez, qu’elle soit de ce monde ou non, elle sera à jamais gravé dans les cœurs. Laissez les stéréotypes de la société en dehors de vos réflexions, pensez uniquement à l’émotion, à la tendresse, à l’amour, ne vous dites pas que ma maman vit avec moi et on n’a pas de souci, que je la vois ou bien que j’ai de ses nouvelles ! Entrez dans vous-même, questionnez vous ! Lequel ou laquelle de nous, n’a jamais vu des larmes torrides qui coulaient sur des joues si tendres et délicates ? Surtout des larmes dont on était directement responsable. Sans compter toutes ces larmes, tous ces pleurs qu’ont versé à notre insu et qu’elles n’ont pas voulu nous montrer soit par pudeur, soit par crainte de nous heurter, soit pour se dire : « ma foi ce sont mes enfants c’est moi qui les a mis au monde et si quelqu’un doit se sacrifier autant que ça soit moi », dites vous bien que vis-à-vis d’une femme en général et d’une mère en particulier on a toujours quelque chose à nous faire pardonner ou du moins à se reprocher. Quiconque aura été péché dans le plus profond de son cœur, le moindre de son frisson, la moindre de sa fragilité, comprendra et surtout cessera de voir en elles des mamans couveuses ou reproductrices alors qu’elles peuvent avoir de la place pour un cœur contrarié, un amour contrarié, un désir frustré..
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